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RAID Tananarive NOSY BE

Le 29 et le 30 mai
nous finissons de rassembler le matériel nécessaire pour le voyage: tentes, eau, pharmacie, pièces de rechange…etc.
Le 30 mai, je reçois les inscriptions chez Socimex. Je constate seulement en fin de soirée que nous serons une vingtaine et non pas 25.
A 17 heures, nous n'avons toujours pas l'argent nécessaire. Heureusement, Antaris finit par nous donner les 4 300 000 Fmg .
Nous pouvons partir !
Je paye le car. Tout le matériel est entassé dans le local des gardiens et nous nous donnons rendez vous
à 5 heures le lendemain.

31 mai (56 km)
Nous nous retrouvons sur le parking de la Socimex à 5 heures.
Il fait encore nuit mais nous voyons bien que le car qui devait être là à 4 h 30 est absent.
Avec Lanto, nous partons à sa recherche. En vain, mais quand, nous revenons, vers 5 h 30, il vient heureusement d'arriver.
Le chargement des vélos est problématique. Nous réussissons à aligner 18 vélos sur le toit et nous en casons 3 dans le bâché.
Il n'y a aussi que 21 places dans le car et la voiture. Heureusement, nous ne sommes que 21.
Nous nous serrons dans le car mais tout le monde est satisfait. On commence à y croire à notre périple !

Le départ est donné à 6 heures 1/4. Dès les première cotes, il se révèle que le moteur de notre car est poussif car la vitesse tombe à 25 kmh.
Nous n'atteindrons décidément pas Andriba dans les délais.
7 h 30, pause petit déjeuner à Mahitsy.
 Nous passons à Andriba vers 11 h 30 et je décide de laisser le car continuer jusqu'à Antsiafabositra
. 56 kms suffiront pour la première après-midi.

Antsiafabositra Après un repas sur le pouce, nous démarrons à 13 h 30.
Quelques petits réglages de vélos et tout le monde roule sans problèmes jusqu'à Maevatanana où nous arrivons vers 16 h 30. Les malgaches sont chez un cousin de Naina au Restaurent "chouchou". Nous prenons un pot et je négocie, mal, un repas du soir et un petit déjeuner pour 500 000 Fmg. Pendant ce temps, Agnès et la 504 trouvent un emplacement pour les tentes et trois chambres dans un Hôtel, le "Betsiboka". Si les chambres 1 et 2 sont correctes, les chambres 3 et 4 sont moches, le lit, fait de lattes écartées est inconfortable et la salle d'eau est sordide. Tant pis, la douche est indispensable.

1 Juin (84 Km.)

A 6 h 30, les malgaches sont prêts mais on attend les VAZAHA, Arnaud et Damien qui, pourtant, n'ont pas eu à démonter leurs tentes.
Nous démarrons à 6  h 45 en car en direction d'Ambondromamy à 96 km .
Lanto m'informe que nous avons consommé 60 litres d'eau pendant la journée précédente, ce qui est inférieur à nos prévisions. En revanche, on me révèle que Kiki a oublié les outils à Tananarive. Espérons que nous n'aurons pas de panne grave.

A route est belle et nous conduit au pont sur la Betsiboka, que nous atteignons vers 7 h 15. C'est le plus long pont de la Grande Ile . Il domine un chaos de rochers et de chutes d'eau, déjà impressionnant en cette période sèche mais qui doit être effrayant en pleine saison des pluies.

Nous sommes à Ambondromy à 8 h 45 d'où nous repartons, vers 9 h 15,  après avoir déchargé les vélos au milieu d'une belle cohue de zébus, de curieux  et de marchands.

Les habitants nous souhaitent bonne chance en nous prévenant que devant nous, une piste difficile nous attend sur 84 Km. Effectivement, ce sera une étape longue et fatigante. Nos arrivées à Mampikony s'échelonnent entre 15 h 45 et 16 h 15 (7 h).

Notre arrivée est un événement et nous sommes entourés d'une foule d'enfants et de curieux qui mettront longtemps à se disperser. Les malgaches sont logés chez le "MONPERA" dans un bâtiment annexe.
Les VAZAHA prennent des chambres à l'Hôtel "AU COCOTIER" qui sont négociées à 30 000 Fmg.

Nous mangeons des plats de "KHIMO" et de "AKOHO SAUCE" à 3 500 Fmg qui sont très acceptables. Les chambres sont correctes. Malheureusement, la musique qui tonitruera jusqu'à 6 heures du matin empêchera certains d'entre nous de dormir.

2 Juin (82 Km).

Nous nous retrouvons à 6 heures dans la salle à manger, juste au moment où cette satanée musique s'arrête enfin.
Les malgaches ont nettoyé leurs velos le soir et sont prêts à partir devant l'hôtel à 6 h 30. On attend encore les vasaha et le départ est donné à  6 h 45.
La route est goudronnée sur plusieurs dizaines de kilomètres et nous faisons les premiers kilomètres de plat roulant à vive allure. Ensuite, la route laisse place à une piste défonçée. Nous ne retrouvons le goudron qu'à une dizaine de kilomètres de Port Bergé où nous arrivons en ordre dispersé vers 11 heurs pour les premiers et vers 12 h 30 pour les derniers . Tout le monde se restaure à l'hotely "Joli pain".
La négociation avec les taxis brousse est rude et l'embarquement des vélos dure une heure et démie, si bien que Kiki et Hery décident de finir l'étape en vélo (133 Km)
Finalement, après des négociations épuisantes, nous prenons deux taxi brousse à 200 000 Fmg chacun.
Nous partons vers 15 H 30 et nous rattrapons les deux cyclistes vers 16 heures. Ils préfèrent continuer sur leur vélos. Nous les abandonnons aux 90 kms qui leur restent à couvrir et nous continuons en taxi brousse. Ceux-ci nous déposent devant l'Alliance française d'Antsohihy à 17 h 30. La nuit tombe et l'installation des malgaches dans le centre de formation du Lycée se fait dans la hâte. Ils ne sont pas d'accord car le centre de formation est trop loin de la ville et les vasaha ont pris des chambres à l'hôtel (Hôtel Central 35 et 52 000 Fmg - réserver à l'Hôtel du Boina). Par la suite, ils quitteront le centre et erreront en ville jusqu'à ce que nous payions des chambres.
Damien retourne en arrière avec la 504 pour récupérer Kiki et Hery. Il les retrouvera à une trentaine de kilomètres avec une roue crevée, bien contents de voir arriver un véhicule. Il nous apprend que certains malgaches veulent abandonner car ils sont mécontents de leurs conditions de couchange.

3 Juin (44 Km)

Le programme prévoit une journée de repos mais la longueur des étapes suivantes nous décide à anticiper. Nous nous réunissons à l'Hôtel "Le plaisance" et nous nous expliquons sur les frais pris en charge par le Club. Nous découvrons qu'ils pensaient que le club payait les chambres des vasaha. Finalement, tout s'arrange et tout le monde est d'accord pour faire une demi étape jusqu'au petit village d'Ambalasakoana, à environ 45 Km.

Nous quittons Antsohihy à 12 H 20. Après 18 ms de route, la piste commence et se révèle très sablonneuse mais agréable et entourée de paysages presque désertiques . Des lataniers bordent la piste et nous profitons de très belles vues sur les montagnes bleutées.

Nous arrivons au village vers 15 heures. Les villageois sont accueillants. Nous nous entendons avec le Président du Kokontany qui est aussi aubergiste . Nous prenons des chambres à 7 500 Fmg des repas à 3 500 Fmg et nous installons les tentes à proximité. Ensuite un bon bain dans le fleuve au coucher du soleil nous délasse.

Le soir, le repas aux lampes à pétrole dans la petite salle de l"hotely" évoque les soirées en refuge mais la musique caraibe que diffuse l'appareil à cassettes détonne quelque peu.

La nuit dans les tentes est perturbé par les zébus qui meuglent dans la nuit. Nous sommes réveillés en sursaut par un piétinement tout proche.  L'un des zébus, sans doute échappé, passe près de la tente et nous avons peur qu'il ne nous piétine.

4 juin (107 Km)

Nous quittons Ambalasakoana à 7 heures, sauf Arnaud qui décide qu'il partira plus tard.

Nous roulons sans problèmes pendant quarante kilomètres puis les ennuis commencent. La roue arrière d'Elodie crève à trois reprises et nous prenons du retard. La chaleur est intense et nous n'avons plus d'eau. Apparemment la 504 est loin avec ses réserves d'eau. Une buvette nous permet de boire un coca. Plus loin, nous accepterons avec plaisir un bol d'eau fraîche sorti de quelque puits.

Nous arrivons à Maromandia à 1 h 25 après 70 Km au compteur. Nous sommes les derniers.La rivière nous accueille pour un bain réparateur. Puis il faut repartir car il n'y a pas d'hôtel à Maromandia alors qu'on nous promet des bungalows confortables à Ankaramy à 37 Km de là.

Nous quittons Maromandia à 15 heures. C'est bien tard car la route est montante et, en cette saison,  la nuit tombe vers 17 h 30. Hery et Agnès montent dans la voiture. Je pars le dernier au moment où Arnaud nous rejoint. Fatigué, il fera finalement demi-tour et prendra un taxi brousse pour nous rejoindre à Ankaramy.

Nous nous laissons distancer par le peloton car Elodie est fatiguée Puis son vélo crève à nouveau. Nous réparons mais la nuit arrive. Dommage, il y de très belles vues sur la mer au loin.

Nous arrivons en pleine nuit à Ankaramy, à 18 h 15 pour nous apercevoir que les bungalows ont brûlé et qu'il reste 6 chambres minuscules (20 000 Fmg). Nous les prenons toutes et installons les tentes devant. La douche est sommaire et le patron en rajoute sur la note. Les coqs sur le toit de la chambre ne favorisent pas le sommeil. Le soir, je découvre que Christian est blessé et que sa blessure a déclenché une infection généralisée. Nous lui donnons quelques comprimés de tetracycline et lui demandons de faire l'étape du lendemain dan la voiture.

5 Juin (60 Km)

La lever est à 5 h 30 et le départ est donné à 7 H 15.

Nous sommes surpris par quelques montées très raides non prévues sur le road book. La route est souvent goudronnée et entourée de montagnes couvertes de ravinalas et d'arbres tropicaux, bambous, fruits à pain….

Je rattrape rapidement Elodie arrêtée au bord de la route. Son boulon de selle s'est cassé et elle s'est légèrement blessée à la cuisse. C'est irréparable. Je lui passe mon vélo et je fais trente kilomètres sans selle.
Nous arrivons à Ambanja à 14 h 15. Henriette, l'Epouse du Président de l'Alliance française, Guy,  nous attend à l'entrée de la ville et nous conduit à l"Hôtel "les cocotiers".
André nous quitte brusquement sans raisons apparentes.

Damien et Arnaud décident de prendre de l'avance et de partir le soir même pour Ankify pour préparer notre arrivée à Nosy Be. Christian va se faire soigner. Kiki et Hery passent à la radio locale
Je réussis à faire passer une message par BLU pour l'Allaince française de Nosy Be pour leur annoncer notre arrivée. Il n'y a pas de téléphone à Ambanja.

6 juin (30 Km)

Nous quittons les cocotiers à 9 heures.

Le parcours sous les grands arbres à l'ombre desquels poussent à l'envi plants de café, de cacao et de vanille, est très agréable. Puis, c'est la traversée de la mangrove avant de rejoindre les collines d'Ankify.

En abordant la piste caillouteuse, Elodie crève à nouveau. A Ankify, j'envoie un groupe négocier un bateau pour le lendemain et nous allons visiter l'hôtel qui pourrait nous abriter. Celui ci ne fait que des repas à 25 000 Fmg et l'installation des tentes semble difficile. Ils nous conseillent de poursuivre jusqu'à la plage, ce que nous faisons.

Nous arrivons à Ankify plage à 11 heures. La plage est déserte, bordée de cocotiers frémissants sous les alizés. Paradisiaque. A proximité, un petit bar, chez Marthe, peut préparer des sakafo. Nous décidons de nous installer la pour l'après-midi et la nuit.

La mer bleue et calme nous accueille pour un bain . Marthe nous prépare un sakafo pour 70 000 Fmg. Voilà qui va faire du bien aux finances du club.
L'après midi est consacré à la sieste et au repos. Le soir nous négocions  deux vedettes rapides pour nous emmener à Hell Ville à la première heure (400000 Fmg)

Nous nous serrons dans les tentes pour la nuit.

7 juin (45 Km)

Le lever est rapide. Nous sommes encore en train de plier les tentes que les bateaux sont déjà sur la plage à nous attendre. Le départ en bateau est donné à 6 h 20. 9 velos dans chaque canot et 9 personnes. La mer est d'huile. La traversée est magnifique. Les cris des jeunes qui encouragent chaque skipper à dépasser l'autre manifeste enfin leur joie d'être bientôt au terme du voyage.

A Hell Ville, nous entassons tous les bagages dans un taxi et nous rejoignons l'Alliance française. La responsable, LILI nous accueille . Elle a été prévenue par mon câble et par Damien . Tout est prêt pour faire une arrivée publique et médiatique vers midi. Nous décidons de faire la dernière étape au Mont Passot, point culminant de l'Ile et haut lieu touristique .

Le départ est donné à 8 h 15. Nous n'arrivons au sommet du Mont Passot qu'à 10 H 30, après avoir un peu galéré dans un chemin escarpé et après avoir perdu le groupe des premiers qui s'est trompé de piste. Mais le spectacle sur les lacs volcaniques est magnifique . Nous avons juste le temps de faire une photo de groupe et il faut redescendre sous peine de manquer le rendez vous avec la télévision à l'arrivée. Dans la descente, encore une crevaison. Nous rejoignons l'entrée de la ville en ordre dispersé. Nous ne sommes pas au complet. Tant pis, il est 12 h 15. Il faut y aller.

Nous faisons les derniers cent mètres au milieu de la foule attirée par le speaker de l'Alliance qui hurle dans le micro en francais et en malgache un message d'accueil. Je comprends "500 kilomètres à VTT…Tananarive Nosy Be…Nature bikes". Nous nous regroupons sous la banderole.

Puis ce sont les interview et le pot d'accueil préparé par le chinois d'à coté.

Nous mangeons tous à midi au restaurant et nous décidons de nous retrouver le lendemain pour défiler avec l'Alliance française.

8 juin à NOSY BE .

Le peloton des malgaches décide de rentrer sans attendre le défilé carnavalesque car le coût de la vie est trop élevé. L'après-midi, nous ne sommes que 6 à défiler avec la banderole préparée par Damien. Il aurait fallu être tous regroupés avec nos vélos et en tenue.
Beaucoup de gens sur les trottoirs pour nous regarder défiler. L'ambiance est bon enfant mais n'est pas comparable avec le déchaînement des carnavals antillais.

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